La réalité étendue en 5 questions

La frontière entre monde réel et monde numérique devient de plus en plus floue. Grâce à la réalité étendue, nous pouvons superposer des informations virtuelles à notre environnement, nous immerger totalement dans des univers simulés, ou encore combiner les deux pour interagir différemment avec notre quotidien. Ces technologies, encore récentes, s’installent progressivement dans les usages professionnels et personnels, et ouvrent de nouvelles perspectives d’apprentissage, de collaboration et de divertissement.

Qu’est-ce que la réalité étendue ?

La réalité étendue, ou XR pour “Extended Reality”, est un terme qui englobe toutes les technologies immersives modifiant notre perception de la réalité. Elle représente la prochaine évolution des usages numériques allant bien au-delà des écrans traditionnels. Le concept clé de la réalité étendue est de fusionner le monde physique et le monde numérique sur un spectre allant de l’immersion partielle à l’immersion totale.

La réalité étendue se décline en trois grandes catégories :

  • la réalité virtuelle (VR pour “Virtual Reality”), qui nous plonge dans un environnement entièrement artificiel ;
  • la réalité augmentée (AR pour “Augmented Reality”), qui superpose des informations numériques sur notre environnement réel ;
  • la réalité mixte (MR pour “Mixed Reality”), où les objets virtuels interagissent de manière cohérente avec le monde physique.

Pourquoi s’intéresser à la réalité étendue ?

L’objectif principal de la réalité étendue est de dépasser les limites des interfaces 2D pour rendre l’information numérique plus intuitive, contextuelle et exploitable. Pour les usages professionnels, cela se traduit par des gains d’efficacité et de nouvelles capacités. Par exemple, la réalité virtuelle permet de former des techniciens sur des procédures complexes sans risque matériel, la réalité mixte peut servir à visualiser un projet architectural en 3D dans une salle de réunion, la réalité augmentée d’assister un opérateur sur le terrain en affichant des instructions directement dans son champ de vision (grâce à des lunettes spéciales). L’enjeu de la réalité étendue est de réduire l’écart entre l’information numérique et son application concrète dans le monde physique, rendant les processus plus rapides et plus sûrs.

Pour les usages personnels, la réalité étendue permet de créer de nouvelles formes de divertissement : films et jeux vidéo immersifs, visites interactives… Mais ces technologies ne cherchent pas uniquement à divertir : elles visent aussi à améliorer la productivité, la compréhension et la prise de décision grâce à une représentation plus intuitive de l’information.

Qui est concerné par la réalité étendue ?

Le développement de la réalité étendue est aujourd’hui porté par les géants de la technologie comme Meta, Apple, Microsoft et Google, qui construisent les plateformes matérielles et logicielles. Cependant, son adoption s’étend à de nombreux secteurs professionnels bien au-delà du secteur numérique. L’industrie manufacturière l’utilise pour la maintenance et le prototypage, la santé pour la formation chirurgicale et les thérapies, l’immobilier et l’architecture pour les visites virtuelles et la conception, ou encore la distribution pour l’aide à la vente et la logistique. Les utilisateurs finaux sont donc autant les ingénieurs et les formateurs que les chirurgiens ou les architectes.

Les utilisateurs peuvent bien évidemment en bénéficier dans leur vie quotidienne : visiter un appartement en 3D avant achat, tester un meuble dans leur salon via une application, ou assister à un concert virtuel depuis chez eux.

Comment ça fonctionne ?

L’accès à ces technologies dépend du niveau d’immersion souhaité. La réalité augmentée est la plus accessible, ne nécessitant souvent qu’un smartphone ou des lunettes connectées pour superposer des éléments virtuels sur le réel via la caméra ou par projection sur les lentilles (ex : Ray-Ban Display). La réalité virtuelle exige un casque fermé qui isole l’utilisateur du monde extérieur pour une immersion totale dans un univers 3D (ex : Meta Quest). Enfin, la réalité mixte requiert des dispositifs plus avancés, comme des masque spécifiques comme le Vision Pro d’Apple, dotées de capteurs capables de cartographier l’environnement en temps réel pour y ancrer des objets virtuels interactifs.

L’intelligence artificielle joue également un rôle clé pour analyser l’environnement ou générer des objets réalistes et interactifs, capables de s’adapter aux gestes et à la voix des utilisateurs.

Combien coûte la réalité étendue ?

Le coût des équipements de réalité étendue varie beaucoup selon les usages et leur niveau de sophistication. Pour un particulier, l’expérience peut être accessible via un smartphone ou un casque d’entrée de gamme (quelques centaines d’euros). Pour une entreprise, les investissements sont plus élevés : casques professionnels, logiciels spécialisés, développement d’applications sur mesure… Toutefois, les prix tendent à baisser, et de plus en plus de solutions sont disponibles en location ou en abonnement, ce qui démocratise l’accès à ces technologies.

Quel va être l’impact de la réalité étendue ?

La réalité étendue n’est pas un simple gadget, mais d’une nouvelle façon d’exploiter les contenus et services numériques qui modifie la manière dont nous accédons, traitons et partageons l’information. À moyen terme, la réalité étendue promet d’intégrer le numérique de façon transparente dans toutes nos activités, professionnelles comme personnelles, en rendant les interfaces invisibles, on parle alors d’informatique spatiale. Le marché, estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars dans la prochaine décennie, témoigne de son potentiel à redéfinir la collaboration, l’apprentissage et la productivité dans de très nombreux domaines.

En conclusion, il est essentiel de percevoir la réalité étendue non pas comme une simple innovation, mais comme la prochaine grande ère informatique. Le passage de l’information 2D à des expériences 3D immersives et interactives représente un changement de paradigme fondamental. Pour les professionnels, anticiper cette transition n’est plus une option, mais une nécessité pour rester pertinent dans les environnements de travail de demain. Pour les particuliers, ces technologies subliment les médias immersifs et nous rapprochent du concept de métavers.

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